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Bonjour,

Christian Bobin, "l'écrivain de la lumière cachée", comme l'écrit Marianne, s'est éteint vendredi dernier.
C'était un écrivain de la brume, des petits matins et de la lumière naissante. Arpenteur de l'aube et de l'aurore, il a gardé cette discrétion jusqu'à son départ, sur la pointe des pieds.
Qui était Christian Bobin ?

Fils d’un père dessinateur et d’une mère calqueuse, il nait le 24 avril 1951 au Creusot. Dernier né d’une famille de trois enfants, il passe son enfance en solitaire, le nez plongé dans les livres ou collé à la fenêtre. Attiré par l’écriture vers l’âge de 15 ans, il se lance dans des études de philosophie et s’émerveille des œuvres de Platon, Spinoza et Kierkegaard. À 25 ans, il commence à écrire Lettre pourpre, un premier ouvrage qui sera publié en 1977 grâce à sa rencontre avec Laurent Debut, jeune fondateur des éditions Brandes. Ne cherchant pas vraiment le succès, Christian Bobin continue à écrire, tout en enchaînant les petits boulots. Il est ainsi tour à tour bibliothécaire, guide à l’écomusée du Creusot, rédacteur à la revue Milieux, élève infirmier en psychiatrie et professeur de philosophie.

En 1991, il connaît un premier succès littéraire avec Une petite robe de fête, ouvrage vendu à 270 000 exemplaires. L’année suivante, l’auteur toujours aussi discret fait sensation dans les librairies avec Le Très-Bas, ouvrage sur St François d'Assise. En 1995, marqué par la mort prématurée de son amie et amour de jeunesse Ghislaine, Christian Bobin rend un hommage vibrant à la vie dans La plus que vive (1996), œuvre qui ne fait qu’accroître davantage son public.

Christian Bobin est un poète, qui s’émerveille des choses simples de la vie. Auteur contemplatif, il donne à ses textes un caractère presque religieux par l’emploi d’une prose poétique et aérienne qui invite au recueillement et à la méditation.

Abordant des thèmes universels, comme l’enfance, la mélancolie et l’absence, ses ouvrages sont comme des fragments de vie appartenant tous au même puzzle. Voguant entre essai et poésie, Christian Bobin marque sa préférence pour la brièveté. Ses livres prennent ainsi parfois la forme d’un journal intime, comme dans Autoportrait au radiateur (1997), ou d’une suite de lettres, comme dans Un bruit de balançoire (2017). Lumineux et très inspirants, ses textes laissent ainsi une trace indélébile dans l’esprit de ses lecteurs.

Les derniers livres de Christian Bobin :

Si vous ne connaissez pas cet écrivain, je vous encourage vivement à le découvrir. Son écriture, légère, aérienne touche au diaphane, à l'intemporel.
Cette photo qui illustre son départ est l'une des rares sur laquelle l'écrivain rit à gorge déployé. Il avait plutôt l'habitude d'une retenue vis-à-vis du monde, d'un retrait permanent.
De ses écrits, je conserverai une phrase, comme un trésor scellé au cœur, que mes sœurs et moi-même avions mis sur le livret lors de la messe d'enterrement de notre Papa.
Une promesse pour la fugue de ma propre âme.
Il a rejoint Ghyslaine, son amour de toujours, dont l'absence tisse la toile évanescente de tous ses livres.
Bon voyage Monsieur Bobin.
En attendant,
Au plaisir de le relire et de vous lire,
La Rêveuse