rêves

Bonjour,

7ème jour de l'année, 7ème conte...

 

Le pêcheur de rêves

Tous les jours, le vieil homme se tenait au bord de la rivière avec sa canne à pêche et son épuisette. Il était assis sur son pliant, à côté d'un banc. Personne ne faisait plus attention à lui. Les gens s'asseyaient sur le banc et regardaient l'eau, s'absorbant dans la contemplation de l'eau, ils en oubliaient souvent le temps.

Sans faire attention aux allers-venues des uns et des autres, l'homme faisait chaque jour les mêmes gestes. Il sortait une dizaine de bocaux, attendait quelque temps à côté de la personne assise sur le banc, puis il ouvrait le bocal et soufflait délicatement en direction de la personne.

Puis il maniait délicatement sa canne à pêche, la jetait dans la rivière et après un bref moment, utilisait son épuisette et ramenait... l'épuisette vide, qu'il inclinait délicatement dans le bocal, fermant le couvercle rapidement. Chaque jour, il vidait puis remplissait ainsi une dizaine de bocaux de .... rien, ou de vide, se levait en s'en allait.

Les gens étaient de prime abord étonnés et lui demandaient souvent pourquoi il faisait  cela. Le vieil homme se contentait de sourire et de répondre que chacun avait ses marottes. Comme c'était un bonhomme tranquille et souriant, les enfants venaient souvent s'asseoir à côté de lui et quand il ouvrait le bocal ou remontait son épuisette, la plupart d'entre eux avaient les yeux qui brillaient. Certains commençaient à pousser des cris de joie et le bonhomme les regardait avec ses yeux qui souriaient en mettant un doigt sur sa bouche.

Deux mondes se cotoyaient aux côtés de la rivière. Le monde des adultes et le monde des enfants, quels que soient leur âge.

Un jour, une jeune femme vint s'asseoir sur le banc, l'air un peu triste. Elle regarda le bonhomme, lui sourit machinalement et regarda la rivière. Elle était accompagnée d'un petit garçon qui s'assit sans rien dire à côté du bonhomme. Ce dernier le regarda, regarda la jeune femme puis l'enfant. L'enfant inclina sa tête discrètement et silencieusement.

Le bonhomme attendit quelque temps, regardant parfois la jeune femme. A un moment, cette dernière poussa un soupir. A ce moment, le bonhomme ouvrit le bocal et souffla doucement en direction de la jeune femme.

Le petit garçon regarda les petites étoiles sortir du bocal et partir en direction de sa maman. Les étoiles entrèrent dans la jeune femme qui esquissa un léger sourire, puis elle se leva, sourit au petit garçon et au bonhomme. Le petit garçon était radieux, il sourit au bonhomme, mit sa main dans la main de sa maman. Cette dernière dit au-revoir au bonhomme, puis partit.

Le bonhomme sourit pour lui-même et regarda le bocal qu'il venait de remplir avec du vide, apparemment. A l'intérieur, un brouillard épais, comme de la mélasse collante s'agitait lentement. Il aurait du mal avec ces pensées noires, se dit-il. Mais comme d'habitude, quel que soit le temps qu'il y consacrerait, il reviendrait avec des pensées lumineuses, riantes, joyeuses et les enverrait chez tous ceux qui en auraient besoin.

Les enfants étaient ses alliés les plus précieux, car eux voyaient ce qu'il pêchait et ce qu'il envoyait et il venait souvent avec quelqu'un qui avait besoin d'une petite aide pour être plus léger dans leur vie.

Il se définissait comme un pêcheur d'étoiles. Mais celles qu'il pêchait, étaient salies, tristes et confuses. Celles qu'il renvoyait, étaient nettoyées, lumineuses, brillantes.

Tous les jours, le vieil homme se tenait au bord de la rivière avec sa canne à pêche et son épuisette.

 

A demain

La Rêveuse